Avant propos

La vie est un temps qui nous est offert pour réaliser nos rêves. Ma tête en est remplie de rêves et d’idées toutes plus folles les unes que les autres. J’ai donc décidé de quitter mon emploi pour profiter de la vie, d’essayer d’atteindre le bonheur et de réaliser mes rêves.

Comme premier objectif et rêve que je souhaite réaliser est celui de traverser un continent à vélo. C’est de cette idée qu’est né mon projet de rejoindre à bicyclette Istanbul en partant de Lille. Début août 2021, j’embarque sur ma monture pour un trajet à durée indéterminée qui j’espère m’emmènera découvrir des paysages, des cultures, des géographies bien différents.

Pourquoi faire un voyage longue durée ?

Décider de partir en voyage longue durée est une décision difficile à prendre. Certains la prennent sur un coup de tête, d’autres après toute une vie de travail mais beaucoup ne sauteront jamais le pas. Les raisons de partir sont aussi nombreuses que le nombre de façons de voyager. Certains partent à pied le pouce en l’air sans but précis, d’autres partent en fourgon aménagé avec une destination de rêve comme objectif.

« la meilleure façon de voyager est celle qui nous ressemble »

Pour ma part, les raisons de partir sont multiples. Mon envie d’évasion est nourrie par un rejet du système, par ma jeunesse et mon insouciance, par la volonté de découvrir ce qui nous entoure et par le souhait de consommer mes libertés.

Rejet du système

L’envie de voyager a mûri en moi pendant près de 3 ans. Après avoir signé un CDI, j’ai pris conscience que la société avait dicté ma vie sans savoir ce qui était réellement bon pour moi. Je constate que l’argent est le seul objectif de notre société et que nos rêves d’enfant et notre bonheur n’ont plus de place dans la vie. Pour permettre de générer encore plus d’argent, la société nous monte les uns contre les autres. Il faut toujours être le plus beau, le plus fort, le plus riche. Mais je crois bien que la société a oublié ces paramètres essentiels à notre vie en collectivités ; la générosité et le partage… Pour finir, la société regorge d’ingéniosité pour nous faire consommer ou plutôt surconsommer. La préservation de notre écosystème et de nos ressources naturelles, un point essentiel à notre survie, est encore une fois négligée par notre société.

Je n’ai donc plus envie de participer à ce système égoïste. Je recherche donc un idéal de vie tourner autour de mon bonheur, du partage et de la préservation de la nature.

Croquer la vie à pleine dents

Je viens d’avoir 25 ans, et je commence à voir la vie défiler de façon monotone. Je prends conscience que la vie ne peut tenir qu’à un fil et je trouve dommage de devoir attendre pour pouvoir profiter. J’ai donc décidé de rendre ma vie unique et mémorable. A 25 ans, un état physique et de santé au meilleur de ma vie, sans contrainte familiale rend cette période parfaite pour débuter un long voyage.

« Le monde a tellement à nous montrer et à nous apprendre»

Prendre conscience de ce qui nous entoure
Tout d’abord, nous sommes tous remplis de préjugés sur le monde. Je pense donc que le voyage est la meilleure façon de les casser. Cela permet d’aller rencontrer des personnes qu’on n’aurait jamais imaginé connaitre, et d’aller découvrir des cultures différentes de la nôtre. Le regard que je pourrai porter me permettra ainsi  de me faire mon propre avis. Sortir de ma zone de confort, et revenir à une vie plus simple est également essentiel dans cette quête de comprendre ce qui est et important dans la vie et ce qui est donc réellement important de préserver.

« Le monde est composé d’une telle diversité, qu’elle soit naturelle, culturelle ou ethnique»

Utiliser ses droits et libertés
Etre français donne une grande liberté de déplacement sur terre. Le passeport français est le 3ème plus puissant du monde  permettant l’accès à plus de 165 pays sans visas. De nombreuses personnes dans le monde aimeraient avoir cette facilité de déplacement et pas seulement pour des raisons touristiques, mais bien pour des raisons de survies, pour fuir la guerre, trouver du travail ou encore dû à des changements climatiques… Nous sommes tous des humains et le monde devrait nous appartenir à tous mais en fonction de l’endroit où on est né, notre liberté de mouvement n’est pas la même. Le monde n’est pas juste… Ayant donc cette chance de pouvoir me déplacer, ce serait dommage de ne pas utiliser mes droits et mes libertés pour découvrir le monde.

« Le monde est une terre si vaste»

Pourquoi voyager à vélo ?

Diminuer son empreinte carbone
Depuis l’invention de la machine à vapeur, nos moyens de transport n’ont cessé d’évoluer en utilisant massivement les énergies fossiles. Le dernier siècle, l’Homme a ainsi cherché à aller toujours plus loin, à aller toujours plus vite en atteignant la lune ou en inventant le concorde par exemple.
Faut l’avouer, l’amélioration des moyens de transport a permis de démocratiser le déplacement longue distance, a favorisé les mélanges culturels permettant ainsi à un grand nombre de découvrir le monde.
Malheureusement, aujourd’hui nous subissons les conséquences de l’utilisation abusive de ces énergies fossilesPremièrement, ces ressources ne sont pas illimitées, ce qui nous obligera dans un futur proche à remplacer ces énergies ou à remettre en question nos déplacements.
Deuxièmement ces ressources limitées dont nous dépendons sont à l’origine de désastres sociaux… Nombreux des conflits dans le monde sont liés à leurs extractions où le droit humains n’est que très peu respecté.
Troisièmement, les changements climatiques sont exclusivement liés à l’utilisation des énergies fossiles ayant un impact énorme sur l’environnement en dégageant du CO2. Le transport n’est bien sûr pas le seul responsable de cette pollution, mais tout geste, tout acte permettant de diminuer notre empreinte carbone est important pour nous, pour la planète et pour les générations futures.
Concernant le voyage, nous devons donc également revoir notre façon de voyager. Pour moi le  voyage 0 carbone m’a fait choisir le voyage à vélo.
 
Ralentir la frénésie de la vie
L’humanité n’a pas attendu les différentes technologies pour se déplacer et coloniser le monde. Le voyage a fait rêver des milliers d’hommes depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, tout va plus vite, en moins de 24 heures nous pouvons être projetés à l’autre bout du monde, mais rendons nous compte réellement des distances parcourues?
Voyager à vélo, va sans doute à contre sens de la société, mais voyager à vélo permet peut être de se réapproprier le temps et de se réapproprier les distances. Voyager lentement veut donc peut-être dire: revenir à la base de l’humanité et de la colonisation du monde.
 
Découvrir la géographie et le climat
Le voyage à vélo rend le voyage lent et permet d’avoir le temps de découvrir les changements de paysages à chaque coup de pédales. Le vélo oblige l’homme à utiliser sa propre force et énergie pour se déplacer, ce qui permet vraiment de prendre conscience des différentes contraintes géographiques. La lenteur et le fait d’utiliser sa propre énergie permet de se rendre compte des distances. Voyager à vélo oblige également à subir les conditions climatiques. Prendre consciences de ces éléments est important. Elle permet de comprendre que tout n’est pas si simple et qu’on ne peut pas continuer à vouloir en moins de 24h une chose qui se trouve à l’autre bout du monde.

Pourquoi rejoindre Istanbul ?

En voyageant, j’aime bien avoir un but, et une destination finale. Je trouve intéressant d’être motivé par un objectif, d’être emmené tout au long d’un voyage par un rêve, et de pouvoir se rappeler en permanence de pourquoi je suis parti. Un but permet également d’avoir une certaine satisfaction au moment de son accomplissement.

Dans ma volonté de vouloir traverser un continent à vélo, Istanbul, cette ville à cheval sur 2 continents s’est logiquement imposée comme objectif. De plus, Istanbul, la porte de l’orient, la porte de nos préjugés, la porte de nos peurs est un point d’intersection culturel et religieux qui m’a toujours intrigué, attiré et fait rêver. Istanbul a été au coeur de l’histoire pendant des dizaines de siècles, en étant la capitale de 3 grands empires, byzantin,  romain et ottoman. Elle a ainsi changé de nom à 2 reprises passant de Byzance à Constantinople pour s’appeler aujourd’hui Istanbul. Aujourd’hui encore cette ville, se trouvant sur la route de la soie, reste un carrefour commercial entre l’Asie et l’Europe.
Istanbul me semble donc un parfait point final et objectif à ce périple.

Quel itinéraire ?

Lors d’un voyage, le parcours n’est jamais réellement figé. Les rencontres, la météo, les pépins physiques ou mécaniques peuvent modifier le tracer. Je pars tout de même avec une idée de chemins à suivre avec plusieurs villes et lieux par lesquesls je souhaite absolument passer.

J’ai donc l’intention dans un premier temps de suivre les différents eurovélo routes. Pour commencer, je pars de Lille en suivant plus ou moins eurovélo 5 en traversant les pays frontaliers à la France (Belgique, Luxembourg, Suisse, Italie). En Italie, au moment de croiser l’eurovélo route de la méditerranée (8), je l’emprunterai pour rejoindre la Croatie et descendre jusqu’en Albanie. Ensuite, je souhaite poursuivre en Macédoine du nord et rejoindre l’eurovélo route du rideau de fer (13) où je descendrai en Grèce avant de rejoindre la Turquie.

Carnet de voyages